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La nutrition et la maladie d’Alzheimer

Le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne cesse d’évoluer due à l’émergence de la population âgée. Elle touche majoritairement les femmes, 60%, et 40% des hommes. 1,2 million de personnes en France sont touchées et seulement la moitié des malades sont dépistés.

Cette maladie neurodégénérative est un trouble cognitif caractérisé par des troubles de la mémoire, des troubles du langage, des difficultés visuo-spatiales, un changement d’humeur, une désorientation, etc.

Quel événement se passe-t-il ?

La maladie d’Alzheimer est complexe et encore pas totalement expliquée. Elle se caractérise par la présence entre les neurones de plaques amyloïdes constitués de la protéine β amyloïde et par la présence d’enchevêtrements neurofibrillaires intracellulaires dans le neurone, causés par la protéine Tau. Les plaques entraînent un dysfonctionnement des neurones et leurs morts.

C’est un processus lent, qui prend plusieurs années et qui est influencé par l’environnement, l’âge et la génétique de la personne.  

Quels sont les facteurs de risque des patients atteints de la maladie ?

Comme dit en introduction, l’âge est le facteur principal de cette maladie. 15% des plus de 80 ans sont atteints de l’Alzheimer.

L’environnement joue également un rôle très important, une sédentarité trop importante ou encore des facteurs de risque cardiovasculaires tels que l’hypertension, le diabète, le tabagisme, le stress, le surpoids et bien d’autres, peuvent favoriser l’apparition de la maladie.

En revanche, certains comportements ont des impacts positifs. Par exemple, le fait d’avoir un travail stimulant ou encore le fait d’avoir fait des études montrent un effet positif sur le retardement de la maladie. Une vie sociale active et une activité physique permettent aussi de stimuler les neurones perdus.

La génétique a une part rare (1%) dans la maladie, elle est liée à un gène muté. Le risque est multiplié par 1,5 si un parent est atteint et par 2 si les deux parents sont atteints.

Comment repérer les signes de la maladie ?

Il n’existe pas encore de traitement pour guérir de l’Alzheimer. Cependant, un diagnostic précoce de la maladie permet d’anticiper la suite plus rapidement et permet une adaptation de la vie du patient.

Dans un premier temps, le diagnostic repose sur l’observation des signes et sur l’entretien avec la famille. Ces signes ne concernent pas seulement la perte de mémoire, mais également une modification du comportement et/ou de la personnalité, des troubles du langage, une perte de l’orientation, une altération du jugement…

Ensuite, une fois les premiers symptômes établis, divers examens sont réalisés : des examens biologiques (prise de sang), tests neuropsychologiques, une IRM, pour confirmer le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. L’IRM permet d’observer une modification au niveau de la structure anatomique et fonctionnelle du cerveau : une atrophie corticale.

L’alimentation chez les personnes atteintes d’Alzheimer ?

La nutrition est très importante chez le malade. La perte de poids est une caractéristique de la maladie, elle est due à une amnésie : oubli de repas, une aphasie (troubles du langage), une apraxie (difficulté à coordonner les gestes), une agnosie (difficulté à nommer les objets), une désorientation. On rencontre des difficultés dues à des perturbations de la biologie de l’organisme, une modification du goût et de l’odorat, un défaut d’apports ou augmentation des besoins, des effets médicaments spécifiques… entraînant une perte de poids.

Il est alors indispensable d’adapter l’environnement et l’organisation des repas de la personne. On insiste sur les aliments plaisirs, on adapte la texture. On cherche à favoriser le bien-être du patient. Le service doit être fait à des heures régulières, plat par plat, avec une température adaptée et sans distraction aux alentours.

L’alimentation en prévention de la maladie ?

De nombreuses études telles que celle publiée par Epidemiology nommé “Mediterranean diet, cognitive , and dementia: a systematic review” ont prouvé l’efficacité du régime méditerranéen pour limiter l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Il est basé sur des produits frais, de saison et surtout sans produits industriels et viande rouge. L’alimentation est composée d’une forte teneur en acides gras monoinsaturés et une faible quantité d’acides gras saturés pour diminuer le taux de cholestérol.

L’huile d’olive est également recommandée pour prévenir la maladie, riche en oméga 9 et en acide gras monoinsaturés, elle est associée à une diminution du mauvais cholestérol.

Le poisson est connu pour être un allié du cerveau, en effet le poisson est constitué d’oméga 3 et d’oméga 6 bénéfique pour le cerveau, il est également riche en vitamine B12. La vitamine B12 ou cobalamine est une vitamine participant à l’équilibre psychologique, au bon fonctionnement du système nerveux et immunitaire. Les aliments les plus riches en cette vitamine sont donc les viandes, le lait, les œufs, les fromages, les abats et, comme dit précédemment, les poissons.

Riches en oméga 3, fibres et antioxydants, les oléagineux sont également conseillés pour prévenir la maladie. Vous l’avez compris, tous les aliments qui sont bons pour votre cœur, sont bons pour votre cerveau !

Lorine TRAMEAU
Ingénieure Nutritionniste chez Nutrimis