2 mois ago

La dénutrition chez les personnes âgées

L’alimentation est essentielle pour le maintien de la santé physique et mentale. Manger sert à couvrir une fonction vitale, mais également à procurer du plaisir, surtout chez le sujet âgé.   

Chez la personne âgée, l’apport calorique doit être compris entre 25 et 30 kcal/kg pc/jour et entre 30 et 35 kcal/kg pc/jour pour les personnes atteintes de pathologies, car la dépense énergétique est plus importante. L’augmentation de l’apport calorique lors de pathologie est indispensable pour combattre les infections, pour limiter la fièvre, pour ne pas puiser dans les réserves des muscles ou encore lorsque le patient doit faire de la rééducation…

La consommation alimentaire chez la personne âgée ne diffère pas tellement d’un adulte, mais il faut prendre en compte la dentition, les troubles de la déglutition, les problèmes de mastication… 56% des plus de 80 ans ont perdu toutes leurs dents, et pour répondre à ces besoins, on met en place une alimentation adaptée, telle qu’une texture modifiée.

En plus des problèmes dentaires, beaucoup de changement entraînent une anorexie du sujet âgé : des facteurs physiologiques, psychologiques, sociologiques, pathologiques… Les apports alimentaires diminuent avec l’âge petit à petit et c’est ainsi que la dénutrition s’installe. Cette dénutrition provoque alors des carences et une détérioration de l’état de santé.

Comment prévenir de la dénutrition ?

Certaines habitudes alimentaires sont à prendre pour éviter le risque de dénutrition chez le sujet âgé. Ainsi, lorsque l’apport calorique est inférieur aux besoins, on met en place un enrichissement, on ajoute des calories dans la portion alimentaire quotidienne de la personne âgée. Par exemple, on peut ajouter du beurre, du lait ou du fromage dans les soupes, la purée ou encore de la poudre de lait, des protéines, des œufs…

Théoriquement, si l’enrichissement n’est pas suffisant, on ajoute des CNO, appelés aussi compléments nutritionnels oraux. Deux compléments alimentaires oraux sont recommandés au maximum par jour. Ce sont des compléments riches en protéines et en calories qui permettent d’augmenter le nombre de calories ingéré par la personne. Souvent, en maison de retraite ou à la maison, pour une question de pratique, les CNO sont directement prescrits.

Enfin, dans le cas où les CNO ne sont pas suffisants, on met en place une nutrition entérale ou parentérale, si la nutrition entérale n’est pas possible à effectuer.

Comment dépister la dénutrition lorsqu’elle est installée ?

Des critères ont été établis par la Haute Autorité de Santé, appelée aussi HAS, pour déterminer un état de dénutrition, il faut au moins 1 critère phénotypique et 1 critère étiologique pour la valider.

Les critères phénotypiques sont :

  • Perte de poids d’au moins 5% en un mois ou 10% en 6 mois
  • Un  IMC < à 22 kg/m2
  • Une sarcopénie : perte de la force ET de la masse musculaire du sujet

ET il doit être associé à au moins un critère étiologique :

  • La PA souffrent d’une pathologie aiguë ou chronique
  • Malabsorption ou maldigestion de la nourriture
  • Réduction de la prise alimentaire > 50% pendant plus d’une semaine ou une réduction totale durant 2 semaines

Il est également possible de déterminer une dénutrition par divers outils, on peut tout d’abord mesurer la composition corporelle, ou encore utiliser des questionnaires (MNA) ou des dosages de protéines.

Ainsi, si vous pensez qu’un de vos proches en est atteint, ne laissez pas le temps faire les choses ou encore le prochain rendez-vous chez le médecin, il ne faut pas laisser la personne âgée risquer des carences et une perte de poids et de muscles !

Lorine TRAMEAU
Ingénieure Nutritionniste chez Nutrimis