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Comment les perturbateurs endocriniens affectent-ils nos performances cognitives ?

 

    Les perturbateurs endocriniens, aussi appelés xénobiotiques, sont des composés présents sous forme de différentes molécules que l’on peut retrouver la plupart du temps dans l’industrie agro-chimique : les pesticides, l’agro-alimentaire, les produits pharmaceutiques et les produits plastiques. Ces composés sont dans notre environnement quotidien, tel que le Bisphénol A, le Chlordécone, le Distilbène, les composés polybromés et d’autres. La présence de ces perturbateurs endocriniens dans nos produits a un but : ils permettent d’endurcir le plastique pour en faire des produits réutilisables, pour maintenir du vernis à ongle et qu’il ne s’écaille pas trop vite ou bien pour protéger les plantes des insectes. Ces composés ont depuis peu été mis en étude et il semblerait qu’ils ont été détectés, comme leur nom l’indique, de perturbateurs du système endocrinien, c’est-à- dire le système hormonal. Les hormones sont des substances chimiques fabriquées par des glandes (hypothalamus, hypophyse, surrénales, thyroïdiennes, pancréatiques, ovariennes et testiculaires). Les hormones circulent dans le sang et viennent stimuler les organes pour leur faire faire un travail : ce sont ces stimulis qui régulent la croissance, la température du corps, la faim et la soif, le sommeil, la libido et la puberté. L’existence de perturbateurs endocriniens dans les produits chimiques a été découverte à la fin des années 1980 par une zoologiste, Theo Colborn, lors de sa participation à un projet d’évaluation de la santé des Grands Lacs. Suite à de nombreuses recherches scientifiques, il a été question d’un impact sur les performances cognitives et de plus en plus de personnes s’informent et prennent conscience de ce phénomène. 

Effets sur développement nerveux

  1. Les effets des perturbateurs sur le développement nerveux des enfants

   Alors que l’enfant est encore dans le ventre de sa mère, le développement du système nerveux commence, auquel se suit la formation du cerveau et de la moelle épinière. De nombreuses études suspectent les perturbateurs endocriniens d’engendrer des troubles du développement cérébral.  Il aurait la capacité d’interférer avec le système thyroïdien, au niveau des récepteurs des glandes thyroïdiennes, qui est indispensable à un bon développement cérébrale de l’embryon. L’enfant est dès lors exposé aux composés auxquels la mère est elle-même exposée. Ils absorbent aussi plus de pesticides que les adultes du au fait qu’ils mettent souvent la main à la bouche après avoir toucher le sol, la terre, etc. Ils sont plus sensibles aux perturbateurs endocriniens une a un manque de perméabilité des barrières protectrices, placentaire et hémato encéphalique, ce qui permet aux substances chimiques d’interférer avec le développement de l’embryon. Une étude a conclu que 3 % des troubles du développement sont un résultat direct de l’exposition à certaines substances et que 25% des troubles sont causés par des interactions entre des facteurs environnementaux et des susceptibilités génétiques individuelles. Le système de reproduction endocrinien se développe au niveau de l’hypothalamus, et c’est au niveau de cette glande que certains xénobiotiques vont venir perturber le système hormonal steroidien. Par exemple, l’aromatase perturberait le système hormonal steroidien et leurs fonctions en transformant l’aldostérone en estrone, et la testostérone en oestradiol. L’oestradiol, ou l’oestradiol cypionate, est un produit de synthèse hormone-mimétique retrouvé dans les pilules contraceptives pour femmes qui mime notamment le rôle de l’oestrogène, une hormone féminine. On peut donc observer chez les hommes au moment de la puberté une diminution des effets secondaires de la puberté, causé par une diminution de testostérone qui serait remplacé par l’oestradiol, même à petite échelle. 

  1. Les effets des perturbateurs sur les femmes enceintes

       Les perturbateurs endocriniens affectent les enfants via la mère par exposition directe, mais il a été montré que cela n’exclut pas une cause partiellement transgénérationnelle. Il est vrai que la presence de xenobiotiques dans le corps de la femme est du en parti a son environnement actuel, mais ils seraient aussi present par descendance par le biais de la transmission epigenetique, c’est a dire de la transmission des genes des parents et notemment de la mere, aux genes de l’enfant. Une étude menée par le Professeur Sultan montrer les effets du distilbène sur ce phénomène : La troisième génération de mères traitées par le distilbène pendant la grossesse a été ciblée, et les observations ont retrouvé 30 à 40 fois plus souvent d’hypospadias chez l’enfant que dans les autres générations. L’hypospadias ou hypospadias est une anomalies congénitales chez les garçons ou l’ouverture de l’urètre ne se trouve pas à l’extrémité du penis mais ailleurs au long du canal urinaire. La periode perinatale est donc sensible à l’exposition aux perturbateurs endocriniens de deux façon : par l’exposition aux perturbateurs endocriniens de l’environnement actuel via la mère, mais aussi par phénomène épigénétique, c’est à dire une susceptibilité aux perturbateurs endocriniens au niveaux des gènes transmis à l’enfant. Au cours de son développement périnatale et meme apres sa naissance, les quelques gènes codant qui vont être mis en place vont permettre la fabrication de la totalité du système nerveux et du cerveau, ce sont donc ses gènes qui vont être retranscrits dans le reste du corps et c’est donc eux qui vont décider de la susceptibilité du cerveau aux substances chimiques et leurs effets. La dégradation des xénobiotiques dans l’organisme produit des composés moléculaires qui restent dans l’organisme à l’état de cancérogènes latents. Ils permettent à certaines molécules d’adhérer à l’adn et de le distordre formant des adduits qui peuvent soit rester inactifs ou bien se fixer à des gènes actifs, menant à un dérèglement du fonctionnement. 

Effets sur le fonctionnement nerveux

  1. Les effets des perturbateurs sur le quotient intellectuel

    Bien qu’il soit difficile de cibler la substance précise qui mène à un dysfonctionnement nerveux car il existe énorméments de facteurs environnementaux  auxquels nous sommes exposés, les recherches ont su montrer un lien de causalité entre les perturbateurs endocriniens et la diminution des performances cognitives au cours du temps. Pour le démontrer, une étude a analysé l’évolution d’enfants fortement exposés à ces composes inorganiques comparer un groupe d’enfants moins exposés. Ils ont constaté que les enfants les plus exposés montraient une diminution des performances cognitives avec une diminution faible mais progressive et permanente du QI. L’exposition prénatale qui engendrerait un retardement du développement cérébral, diminuerait aussi plus tard dans l’enfance les capacités intellectuelles, la réductions des fonctions motrices et des réflexes, une faible diminution de la vision, une difficulté de concentration et d’attention, et la réduction de la mémoire à court terme. On distinguait donc une moins bonne mémoire à court terme vers l’âge de 3-4 ans et une diminution du QI à l’âge de 11 ans. A Taiwan, une exposition prénatale accidentelle avait provoqué un retardement des acquisitions pendant leur enfance, et un QI plus faible que les autres frères et sœurs non exposés.  La perte de QI serait distinguer vers l’âge de 6 ans. En somme, il y aurait une baisse de 5% environ des performances cognitives aux enfants les plus exposés aux perturbateurs endocriniens.

  1. Les effets des perturbateurs sur les troubles mentaux

      De nombreux effets sur le développement intellectuel et psychomoteur de l’enfant ont été examinés. Cependant, il y aurait aussi des effets des xénobiotiques sur le comportement, les enfants seraient sujets à développer des troubles mentaux et comportementaux. Le bisphénol A agit sur le système nerveux, provoquant de l’hyperactivité chez l’enfant de 2 ans à l’âge scolaire, avec des symptômes d’agressivité et une diminution de la dopamine. Ce phénomène serait dû en partie par une exposition aux Bisphénol A (ou BPA), mais aussi par un manque d’attention de la mère à l’égard de l’enfant qui a aussi été constaté. Le manque d’attention de la mère face au nouveau né est dû à l’exposition elle aussi. Le tempérament des enfants ayant ete fortement exposés, via la mère pendant la période périnatale ou directement par l’environnement pendant l’enfance, est affecté: ils sont moins souriants, une tendance plus peureuse, et des difficultés d’adaptation aux changements d’environnement. Les recherches ont aussi observé un lien de causalité avec ce phénomène et le développement d’une dépression plus tard chez l’adolescant. Une étude faite sur un groupe d’enfants Autiste a permis d’identifier des changements comportementaux suite à une exposition plus ou moins élevée aux perturbateurs endocriniens. L’Autisme est un trouble du neuro-développement humain caractérisé par des comportements et intérêts à caractère restreint et répétitif, et des difficultés dans les interactions sociales et la communication. Ces sujets exposés notamment au bisphénol A, ont montré une baisse de leur humeur, ils semblent d’autant plus agités, leurs expressions faciales ne correspondent pas avec ce qu’ils disent. Il y aurait donc un lien de causalité entre les perturbateurs endocriniens et la sévérité de l’autisme qui est déjà en lui-même une perturbation du développement  nerveux.

Amberlee HUTCHINSON