4 mois ago

Combattre l’endométriose par l’alimentation

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie gynécologique touchant en moyenne une femme sur dix. Elle est caractérisée par la présence de tissu utérin hors de l’utérus et qui se fixe à différents endroits du corps. 

Le processus de la maladie

Le développement de l’endométriose se déroule en plusieurs étapes : dans un premier temps, les cellules de l’endomètre se détachent de la muqueuse et migrent vers la circulation sanguine et/ou lymphatique. 

Une fois en circulation dans tout l’organisme, les cellules endométriales peuvent ensuite s’accrocher au tissu hôte d’un organe comme les intestins ou la vessie. 

Après un certain temps, l’accumulation de ces cellules endométriales forment alors de nouveaux nodules de tailles variées qui nous rappellent le processus de cancérisation et vont également former de nouveaux vaisseaux sanguins pour être alimentés. 

Étant donné que ce sont des cellules endométriales, ces dernières sont sensibles aux hormones et se comportent comme la muqueuse utérine : lors des menstruations, on retrouvera également des hémorragies au niveau des nodules hors de l’utérus, ce qui sera responsables d’intenses douleurs et d’inflammation. 

Quels sont les symptômes ?

 Le principal symptôme de l’endométriose est l’infertilité mais il existe également d’autres symptômes qui impactent sur la vie quotidienne comme :

o   Des troubles digestifs

o   Règles abondantes et douloureuses

o   Nausées et vomissements

o   Douleurs pelviennes

o   Douleurs lors des rapports

Le régime alimentaire adapté à l’endométriose

Étant donné qu’il n’existe pas de traitement curatif de l’endométriose, nous pouvons tout de même améliorer les symptômes en adoptant une alimentation adéquate. 

Dans un premier temps, pour choisir un régime alimentaire adapté, nous devons constater ou non si la patiente souffre de troubles digestifs. 

Si oui, il sera conseillé pour la patiente de démarrer une alimentation sans FODMAP (fermentables oligo- / di- / monosaccharides and polyols) afin de réduire ses symptômes digestifs et de réguler le transit. 

Ce régime alimentaire à pour but d’éliminer les aliments irritants pour le système digestif et permet de retrouver une digestion optimale avant de reprendre un régime alimentaire normal. 

On évitera donc : 

o    Les produits fermentés comme la choucroute et les fromages

o   Les végétaux tels que les champignons, les brocolis, les choux, et l’asperge. 

o   Le lactose contenu dans les produits laitiers et dans certains produits ultra-transformés

o   Le gluten que l’on trouve dans le seigle, l’avoine, le blé, l’orge et le triticale. 

o   Le fructose que l’on retrouve dans les fruits

o   Les polyols, qui sont des sucres alcools tels que le xylitol, le sorbitol, ou le maltitol

Il est recommandé de ne pratiquer ce régime seulement quelques semaines afin d’éviter trop de restrictions. 

L’alimentation normale devra être réintroduite aliment par aliment afin de connaître ceux qui ne sont pas tolérés par le système digestif. 

Ensuite, une fois le régime sans FODMAP terminé et les aliments réintroduits, la patiente pourra adopter cette fois un régime alimentaire à long terme : le régime méditerranéen.

Cette alimentation pourra être adoptée en premier lieu chez les patients n’ayant pas de troubles digestifs. 

Le régime méditerranéen est une alimentation riche en antioxydants et est connue pour aider à lutter contre les états inflammatoires tel que celui de l’endométriose. 

Les éléments essentiels de l’alimentation méditerranéenne : 

o   Les fruits et légumes frais ou congelés afin d’avoir un maximum de micronutriments ainsi qu’un effet antioxydant. 

o   Les céréales complètes et les légumineuses pour un apport en protéines végétales ainsi qu’en fibres pour réguler le transit. 

o   Les aliments riches en oméga 3 comme les poissons gras (saumon/thon/sardines) et les huiles de lin et de colza pour avoir cet effet anti-inflammatoire. 

o   Les produits laitiers selon la tolérance de chacun, la portion sera alors 1 fois par jour jusqu’à 1 fois par semaine. 

o   La viande blanche et les œufs, tous les 2 jours jusqu’à 1 fois par semaine

Il y a également des éléments à limiter voire éviter afin de conserver les meilleurs effets de ce régime alimentaire :

–       La viande rouge car elle favorise l’inflammation dans l’organisme. Il est conseillé d’en consommer le moins souvent possible. 

–       Les produits ultra-transformés : ils apportent peu de nutriments et beaucoup de calories. Ils seront également à limiter fortement mais peuvent être remplacés par des versions faites-maisons. 

–       Proscrire les produits à base de soja : ils contiennent des perturbateurs endocriniens qui peuvent se comporter comme l’hormone estrogène et aggraver les symptômes de l’endométriose. 

–       Les produits riches en sucres : avec un indice glycémique élevé, ces produits risquent de déréguler la glycémie et provoquer des fringales.

Pour finir, en plus d’un changement dans l’alimentation, il est important de pratiquer une activité physique pour réduire le stress et améliorer sa santé cardiovasculaire. 

Le combat contre l’endométriose est long mais nous pouvons trouver des alternatives au fil du temps pour soulager les symptômes et lutter contre l’infertilité. 

Tiffany Gaspard