2 mois ago

Allergie, intolérance ou maladie cœliaque : comment les gérer ?

Intolérance, hypersensibilité, allergie au gluten, maladie cœliaque, on a parfois un peu de mal à s’y retrouver…

La maladie coeliaque : 

La maladie cœliaque se définit par une pathologie intestinale chronique auto-immune déclenchée par l’ingestion de gluten. Elle engendre de nombreuses problématiques telles que des lésions de la paroi intérieure de l’intestin (on parle d’atrophie villositaire de la muqueuse intestinale).

Cette pathologie touche davantage les enfants, cependant, il n’est pas rare, lors de bilan biologique, de la diagnostiquer chez des patients adultes souffrant de maux de ventre ainsi que de fatigues chroniques souvent passés inaperçus pendant des années. Cette maladie est généralement diagnostiquée 10 ans après l’apparition des premiers symptômes.

En cas de suspicion de maladie cœliaque le médecin pourra proposer un bilan sanguin dans le but de doser les anticorps responsables de cette pathologie : l’immunoglobuline A (IgA) anti- transglutaminase. Après un résultat sanguin positif, l’avis d’un gastro-entérologue, à l’aide d’une biopsie, permettra de confirmer ce diagnostic, qui est non nécessaire chez les enfants.

L’allergie alimentaire : 

L’allergie alimentaire (souvent, au blé dans ce cas) se caractérise par des symptômes relativement immédiats (œdème, asthme…) mais n’endommage pas la paroi de l’intestin comme pourrait le faire la maladie cœliaque ou l’intolérance/ hypersensibilité au gluten.

L’intolérance au gluten :

L’intolérance se manifeste par les mêmes symptômes que la maladie cœliaque, elle peut apparaître de manière progressive et donc demeurer difficile à détecter puisqu’il n’existe à ce jour aucun moyen clinique de la diagnostiquer.

 Où trouve-t-on le gluten ?

Le gluten est souvent associé pour le commun des mortels au blé. En réalité, le gluten est la fraction protéique des céréales que l’on retrouve dans le blé (froment, épeautre), l’orge (et oui dans la bière il y a du gluten !), l’avoine, le seigle et moins connu le triticale (SABOT). Il est utilisé pour son action élastique permettant d’obtenir une pâte aérée et moelleuse (propriétés visco élastique)

La cause de cette maladie reste encore un peu floue, cependant les recherches estiment qu’elle pourrait être induite par :

–   Prédisposition génétique : 95 % des personnes intolérantes au gluten sont porteuses d’un ou des gènes spécifiques (HLA DQ2 = 95% des cas DQ8= 5% des cas)

–    Un élément déclenchant favorisant le processus immunitaire de la pathologie :

* L’introduction du gluten à un âge trop précoce (<3 mois) ;

* Une trop grande quantité de gluten ingérée ;

* Une absence d’allaitement maternel ;

* Des infections intestinales ;

* La multiplication de blés hybridés modernes plus riches en gluten ;

* Les toxiques environnementaux.

Quels sont les symptômes ? 

Les personnes sensibles au gluten ou atteintes de la maladie cœliaque mentionnent :

–       Des troubles digestifs importants (diarrhée chronique, ballonnements, douleurs abdominales) ;

–       Une fatigue chronique (musculaire, psychologique), de l’apathie ;

–       Sont souvent sujets à de nombreuses carences, de l’anémie ;

–       Des migraines ;

–       Des problèmes de peau (acné, eczéma…) ;

–       Une perte ou prise de poids.

Il n’existe malheureusement pas à ce jour de traitement miracle. Seule l’éviction de tous aliments contenant du gluten quel que soit le degré de la maladie est envisageable. 

L’aide d’un diététicien pourra être envisagée afin de permettre au patient de s’approprier son nouveau régime. La finalité d’un régime sans gluten ne doit pas se limiter à donner des listes d’aliments autorisés et défendus. Il sera surtout primordial d’assurer la couverture de ses besoins nutritionnels ainsi que d’allier plaisir et santé en trouvant des alternatives à la consommation de gluten.

Précisons qu’un accompagnement financier peut être mis en place par le biais d’une association référente pouvant apporter une aide financière auprès des caisses de cotisations sociales pour des produits diététiques sans gluten. (AFDIAG) 

Que peut-on consommer ? 

Un label sans gluten existe permettant de certifier certains produits/ marques sans gluten : le logo ayant l’épi de blé barré (label sans gluten)

Attention au gluten caché !

La maladie cœliaque nécessite de faire très attention aux contaminations croisées. Ainsi, une personne atteinte de la maladie cœliaque ne pourra pas utiliser des ustensiles ayant été utilisés avec des produits contenant du gluten (grille-pain, couteau…).

Il en est de même avec les aliments préemballés (jambon), les boites de conserves, additifs alimentaires, colorants…  En général, tous les plats industriels doivent être contrôlés.

De plus, certains médicaments peuvent aussi contenir du gluten (enrobage) : spasfon, le doliprane en comprimé sec…

Pour ce qui est des restaurants, il ne faut pas avoir peur de demander la carte des allergènes. Il est souvent possible de pouvoir trouver un plat sans gluten dans une grande majorité de restaurant, sinon… Il n’y a qu’à demander gentiment au serveur de retirer l’aliment contenant du gluten !

Tout est question d’organisation et de réflexes. Au début de la traque aux étiquettes, les apéros compliqués à gérer paraitront fastidieux, mais au bout de quelque temps cela deviendra une habitude.

L’équipe Nutrimis